Si Mohand
Poète Kabyle de langue berbère de la tribu des At Yiraten de Kabylie. Si Mohand, Ou M’hand Ath Hammadouche, est né vers 1845 dans l'ancien village de ChéraÏouia ( l'actuelle Larbaa Nath Irathen). Sa date de naissance ne peut-être qu'approximative, l'Etat Civil en Kabylie n'ayanT pas d'existence officielle avant 1891.
Mehand Améziane Ou Ammadouche, son père originaire de Aguemoun, se réfugie dans la région pour échapper à une vendetta.
Le village de ChéraÏouia rasé en 1857, fut édifiée la citadelle de Fort-National : Larbaa Nath Irathen. L'autorité militaire attribua alors à la poulation un terrain, 10 km plus au nord, près de Tizi-Rached qui appartenait à une zaouïa ( Etablissement religieux et scolaire pouvant héberger maîtres, étudiants, mendiants et voyageurs ).
Avant de rejoindre la zaouïa de Sidi Abderrahmane Illoulen (Michelet), Si Mohand débute ses études auprès de son oncle: Cheikh Arezki Ou Hammadouche, maître en droit musulman, qui avait ouvert une zaouïa où un taleb enseignait le Coran à Akbou, , au lieu-dit Sidi-Khelifa.
Lors de l'insurrection de 1871, la famille s'engagea aux côtés de Cheikh El Mokrani contre la colonisation de la Kabylie. Le père, Mehand Améziane fut exécuté à Fort-National, l'oncle Arezki déporté en Nouvelle-Calédonie et leurs biens confisqués au profit de l'Etat.
La famille ruinée et anéantie se dispersa, la mère se retira dans la nouvelle Chéraïouia avec son jeune fils Méziane et là commença la vie de vagabond de Si Mohand, errant de ville en ville. Son frère aîné Akli s'enfuit à Tunis avec l'essentiel des ressources de la famille.
Si Mohand erra près de 30 ans entre la Kabylie et la région de Bône (Annaba) où de nombreux Kabyles travaillaient comme ouvriers agricoles ou comme mineurs. Un autre de ses oncles, Hend N'Aït Saïd, était d'ailleurs installé dans les faubourgs de Bône.
Déraciné et seul, Si Mohand devient un poète errant. Il emprunte à son expérience les thèmes de l'exil, de l'amour de sa terre natale, de l'amour et du destin. Le poète aurait par ailleurs juré de ne jamais répéter deux fois le même poème, de sorte que seule la mémoire populaire a permis de conserver son œuvre.
Toute l’œuvre de Si Mohand ressemble à une confession. On peut y voir les rêveries d’un poète solitaire et l’expression subjective et privilégiée des émotions et des sentiments humains.
Si Mohand mourrut en 1906 à l'hôpital des Soeurs Blanches de Michelet et fut enterré au sanctuaire de Sidi Saïd Ou Taleb.
Oeuvres sur Si Mohand
- Si Amar U Said Boulifa, Recueil de poésies kabyles. Texte zouaoua traduit, annoté et précédé d'une étude sur la femme kabyle et d'une notice sur le chant kabyle, Alger 1904. (rééd. Awal, Paris, 1990)
- FERAOUN Mouloud,Les poèmes de Si Mohand, Paris, Les éditions de Minuit, 1960.
- MAMMERI Mouloud, Les Isefra de Si Mohand ou M’hand , texte berbère et traduction, Paris, Maspero,1969, 1978 et 1982 ; Paris, La Découverte, 1987 et 1994.
- Mohand Ouramdane Larab,Isefra n Si Muhend U Mhend, édition Impérial, Rabat, 1997.
- ADLI Younes ,Si Mohand ou Mhand. Errance et révolte, Paris Mediterranee,2001.
- KAHAR Rachid, Si Mohand Ou M'hand , la vaine musique du vent, édition inas 2006.